dimanche 3 mars 2013

Eric Bélanger @ Studio Théâtre de la Place des Arts


Eric Bélanger ou comment être à la fois profond et absurde?




C’est sur le ton de l’absurde que la soirée en compagnie d’Eric Bélanger se déroulait le samedi 2 mars au Studio-Théâtre de la Place des Arts, du moins en partie. L’auteur-compositeur-interprète présentait les pièces de son plus récent album Speedo/Tuxedo dans l’intimité accompagné d’un seul musicien, le guitariste Denis Ferland. 


C’est un peu absurde lorsqu’au milieu d’une chanson d’amour touchante comme Le sel où Eric Bélanger chante si joliment « Pour être le seul à te voir, j’ai cousu de cils tous les regards », mais poursuit plus loin avec « dans un jardin de tomates, sous le soleil, bras tendus, je t’attends nu, statue de sel, dans ma pose de tomate ». J’aime l’absurde, donc j’adore!


Les textes sont imagés, que ce soit sur ce dernier album ou les deux précédents À 35 mm du bonheur (2010) et Bananaspleen (2008), desquels furent interprétées plusieurs pièces, notamment Le Tapis qui constitue une suite brillante d’associations à partir du mot tapis, nous amenant jusqu’à la rupture d’un couple de manière plutôt comique.




Les textes arrivent à nous toucher malgré l’absurdité de certains de ceux-ci. Une chanson probablement écrite pour sa fille, Clémentine Dream fait réaliser que de tous les projets, celui d’avoir un enfant est celui qui change le plus la vie, qui désoriente, mais aussi qui recentre. 




Ses nouvelles pièces sont une suite logique des albums précédents, avec une plume bien assumée. Il a été possible d’entendre entre autres La fée bleue, Tu muscles mon cœur et Nature morte. La raison du titre Speedo/Tuxedo, a-t-il dit, est pour ce côté dépouillé qu’il a voulu donner à l’album, où il se livre tel qu’il est. Il aurait aimé se faire un peu plus connaître avec ses deux premiers albums, mais se dit maintenant que s’il veut continuer à faire ce métier, le succès ne doit pas être une des raisons qui le motive à poursuivre. Serait-ce un manque de visibilité qui ne l’a pas permis de percer jusqu’à maintenant? Le monde de la chanson est difficile, certes, mais il semble que si plus de gens le connaissaient, il n’aurait pas de difficulté à remplir une salle le temps d’un spectacle. Il y a un public au Québec pour un artiste comme lui.  




En plus de montrer au public ce dont son cœur et sa tête sont capables, il peut nous amener encore bien plus loin. C’est d’ailleurs ce qu’il fit en rappel, en s’installant au piano pour entamer la pièce Ola tirée de son premier album. Le décès de son père en est le sujet, mais surtout l’abandon et la solitude qu’il ressent à la suite de son départ. Il se demande si « les anges doivent travailler, mon ange n’est pas bon employé, du ciel il semble contenté, les anges prennent-ils des vacances? ». C’est d’une poésie remarquable! 



Une tournée en duo avec Denis Ferland s’amorce pour ce printemps, mais un spectacle de plus grande envergure est prévu pour l’automne prochain. Je vous invite à écouter les magnifiques chansons d’Eric Bélanger et d’aller le voir en spectacle. 




Les informations se retrouvent sur son site au www.ericbelanger.net.  


Texte : Christine Proulx

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